‘Musique’ Category Archives

20
jan

Elvis et les networks

by Georges in Musique

Elvis
Loin de s’essouffler aux Etats-Unis, la légende Presley envahit le petit écran sobrement intitulée « Elvis», la nouvelle série télévisée, présentée sur la chaîne ABC depuis février, s’intéresse aux jeunes années du King, période fifties. Trente minutes hebdomadaires sur l’adolescence, les aléas sentimentaux et les déceptions d’un teenager que la célébrité n’a pas encore abîmé. Peu inspirés par les éloges fleur bleue à la gloire d’Elvis, les producteurs exécutifs, notamment Priscilla, se sont penchés sur l’aspect rebelle de sa personnalité sans tomber dans le cliché : les Américains détestent qu’on « déguise» leur roi. Elu après trois mois de délibérations, Michael Saint Gérard incarne Presley, mais ne se risque pas à la chansonnette, spécialité de Ronnie McDowell (encore lui !) On attend impatiemment la commercialisation d’« Elvis » en France. Avis aux éditeurs…

20
jan

L’homme qui voulut être roi

by Georges in Musique

Elvis PresleyC’est l’histoire d’un jeune camionneur, fan de blues et de gospel, devenu star sans vraiment comprendre, sans jamais grandir. Tiré de l’autobiographie version Priscilla Presley, «Elvis and me» retrace, durant presque trois heures, la carrière du King, son apogée, sa déchéance et, contrairement aux adaptations classiques romancées, rabâchées et réchauffées depuis la mort de Presley, fait la part belle à la vie de sa femme avant, pendant et après leur mariage. L’intérêt? D’abord, la vision du phénomène Elvis, par une jeunesse en pleine rockmania, à travers le regard juvénile de la jeune Priscilla (une idole comme les autres à l’époque). Deuxième chapitre, la rencontre. Miné par le service militaire, le King tombe amoureux fou de l’adolescente, fraîchement installée en Allemagne. Il a vingt-quatre ans, elle en a quatorze. Il se goinfre déjà d’amphétamines et de somnifères pour oublier cette gloire qui le cloisonne. Leur union, en 1968, marque la décadence progressive d’Elvis, jusqu’à sa mort, neuf ans après. Plus qu’un roman d’amour sirupeux, «Elvis and me» est un vé-ritable témoignage : bien sûr, le personnage est capricieux, immature et torturé. Calomnie? Non, car le réalisme s’arrête là OÙ la démythification commence. Et ce n’était pas le but de Priscilla, amère sans doute, mais objective avant tout. Le côté «racolage» est habilement contourné. L’image de la vedette n’est pas dégradante, on échappe aux exhibitions gratuites de maîtresses-groupies dévêtues — Ann Margret en tête , aux événements à scandales et à l’étalage de came. Les «faiblesses» de l’artiste dans l’engrenage du showbiz sont suggérées, son aura reste intacte.

Elvis PresleyOn est loin de la biographie accablante signée Albert Goldman! L’évolution professionnelle et musicale est aussi au programme. Du look Teddy banane, façon «Love me tender», au costume blanc pat d’eph de 18 kilos dégaine karaté, en passant par les Perfecto cloutés pour mèche rebelle, chaque étape est disséquée dans les moindres détails. Les décors de Graceland (leur domaine), les concerts, l’hystérie des meutes féminines et l’influence du chanteur sur les sixties sont admirablement reconstitués. L’infernale épopée du couple est entrecoupée de documents d’époque (avec la vraie star, bien en chair sinon en os) qui replacent la trame du scénario dans son contexte historique : naissance du twist, guerre du Vietnam, mouvement hippy et extraits de films projettent la réalité dans la fiction. Entouré de sa bande de pique-assiette, Dale Midkiff incarne le King à la mimique près, dégageant le même magnétisme malgré une ressemblance physique un peu approximative. Sa douce moitié bénéficie, en revanche, d’un sosie plus vrai que nature, la ravissante Susan Walters.

Seule ombre au tableau : les chansons entendues sont interprétées, ô sacrilège, par un certain Ronnie McDowell On s’en remet. Diffusé par la chaîne américaine ABC en 1988, «Elvis and me» a battu les records d’audience de la saison. Désormais disponible chez Antarès, la vidéo sera commercialisée dans un pack qui contient également «He’s my girl» avec David Hallyday (voir notre article dans ce numéro). Inutile de redouter les longueurs, elles sont inexistantes. Restent quelques heures de rêve sur fond de nostalgie, et l’étrange impression d’avoir passé la soirée auprès d’un mythe. Et le plus grand.