Retour vers le futur

mar 4th, 2014 by Georges in Mes passions

ZemeckisLes responsables de la saga de Marty et Doc l’ont promis : les retours vers le futur sont désormais terminés. En signe de garantie, ils font détruire la machine à remonter le temps avant, dans un dernier clin d’œil, d’en faire apparaître une nouvelle, nettement plus spectaculaire : un rutilant train aérospatial. Mais avant de conclure l’aventure, Doc aura eu le loisir d’en tirer la morale : «Tu es responsable de ton destin. Ton futur sera ce que tu en feras ». Pour en arriver à ce propos édifiant, « Retour vers le futur» nous entraîne en 1885 dans le vieil Ouest sauvage. Une façon comme une autre, pour Spielberg et Zemeckis, de faire un western en prétendant que ce n’en est pas un, et de propulser enfin en tête du box-office un film d’un genre que l’on dit mort et enterré.,. Le film est amusant et joue sur les archétypes avec intelligence. Le meilleur gag du film est, comme souvent chez Spielberg, une allusion cinéphilique. Se réveillant dans l’Ouest, Michael J. Fox se voit brutalement demander son nom et, sous l’impulsion, déclare s’appeler Clint Eastwood. Dès lors, à intervalles réguliers, il sera fait allusion à « Clint Eastwood, le plus grand trouillard de l’Ouest». Bref, le film est plaisant, mais les situations finissent par être répétitives. Ce qui ne l’empêche pas d’être une conclusion honorable à une des meilleures séries des années 80.

The guardian

William Friedkin«The guardian» marque le retour de William Friedkin (« L’exorciste») au film d’horreur. L’histoire est résumée en quelques lignes sur l’écran avant le début du film : un ordre religieux les Druides adore les arbres et va jusqu’à leur sacrifier des êtres humains. Pour ces gens, chaque arbre a un esprit «gardien». La plupart de ces esprits Sont bons ; certains sont maléfiques. Voici donc l’histoire d’une jeune et belle nounou qui kidnappe les enfants dont elle a la charge pour les offrir à un vieil arbre décrépit, assoiffé de sang innocent Friedkin affirme avoir aimé dans cette histoire sa mythologie classique, comme dans les contes de Grimm, surtout «Hensel et Gretel » ou «Le petit chaperon rouge». On peut penser aussi que les échecs commerciaux successifs du réalisateur, ces dernières années (comme l’admirable «Sang du châtiment»), ne lui laissent pas le choix de ses sujets et que, si cette histoire peut être traitée de «classique», c’est bien par son absence de surprises et sa linéarité. Cette déception (légère) ainsi que la faiblesse de l’interprétation sont largement contrebalancées par la mise en scène de Friedkin, son style glacé et inimitable, sa force de précision. Limitant les effets au maximum, évitant la démagogie (quoi de plus facile que de faire peur avec un bébé en danger?), le réalisateur dépeint une fois de plus, en couleurs froides, notre monde moderne civilisé, et laisse pressentir, avant qu’elle n’éclate, son implacable sauvagerie. Un film de transition pour un réalisateur très sous-estimé en Amérique et en France.

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