Cry-baby

mar 23rd, 2014 by Georges in Autres sujets

Cry-baby On vit décidément une époque formidable ! Qui eut prédit que John Waters se retrouverait un jour en sélection officielle d’un Festival de Cannes où David Lynch récolterait la Palme d’or? Certes, «Cry-baby» n’est pas un «exercice de mauvais goût» comme les affectionne l’auteur de « Pink flamingos» ou de «Female trouble». N’empêche qu’il subvertit malicieusement le film de teenagers ce tableau des affrontements entre les Squares BCBG et les prolos Drapes de Baltimore, en 1954, est conçu ‘selon les règles des grands studios, certes, mais le cinéaste prend parti contre les bourgeois mièvres, pour ses amis. de toujours les marginaux de tout poil. Le tout avec le casting le plus ahurissant qui soit puisqu’on y retrouve, autour des Roméo et Juliette de cette guerre sociale, notre chère traci Lords elle-même, la vraie Patti Hearst, lggo Pop en papy rocker et Joe Dallessandro en prêcheur puritain, sans oublier la délicieuse Ricki Lake, l’adolescente rondelette de «Hairspray»… Apologie d’une « délinquance juvénile» qui est, en fait, une rébellion contre l’hypocrisie et l’arrogance d’une société huppée, « Cry-baby» est surtout, à la façon de « Blues brothers», une parodie à rebours, hilarante et roborative, des films de rock à la Presley et de leurs clichés.

Faux et usage de faux

Faux et usage de fauxLassé d’être ce qu’il décrit comme «un de ces auteurs qu’on achète mais qu’on ne lit pas», Anatole Hirsh, écrivain renommé, décide de faire publier son nouveau manuscrit sous un autre nom. Il demande à son cousin d’endosser cette nouvelle identité… Bien sûr, dès le générique, le réalisateur nous précise que, bien qu’inspiré d’un épisode de la vie de Romain Gary (la fameuse mystification de l’affaire Ajar), ce film n’en est pas un compte-rendu. Malgré ces précautions d’usage, on ne peut s’empêcher d’y penser lors des toutes premières images, dès qu’apparaît Noiret. Mais cette impression s’estompe au fil de l’intrigue, au fur et à mesure que les personnages incarnés par Noiret et Renucci prennent chair sous nos yeux. Il n’est plus question alors de Gary, d’Ajar ou d’autres personnages ayant défrayé la chronique, mais d’un homme qui cherche à se débarrasser, à sa façon, de l’encombrante renommée qui lui colle à la peau. Fasciné par le thème de la vraie-fausse identité, Laurent Heynemann a tiré de ce singulier point de départ un conte exemplaire où chacun des deux « héros» hésite entre l’ombre et la lumière, le clair et l’obscur. Manipulateur à la fois tragique, orgueilleux, lucide et ludique, le personnage magnifiquement campé par Noiret se retrouve, à la fin de l’intrigue, aussi sinon plus désemparé qu’au début, mais pas pour les mêmes raisons. A ses côtés, Robin Renucci n’est jamais aussi convaincant que lorsqu’il s’égare dans un océan de compromissions et d’aveuglement. Le face à face des deux comédiens constitue le point fort du film; On en oublierait presque les faiblesses présentes ici et là (montage pas toujours très heureux, personnages féminins sacrifiés, longueurs vers la fin).

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